Un de trop
Un bébé est apparu parmi les enfants d’une crèche parisienne, mais il ne figure sur aucune liste. Qui est-il ? Qui l'a déposé là ?
"Une intrigue captivante, des émotions à fleur de page et une tension qui promet de tenir en haleine jusqu’au bout… 👀"
Valrevelut
"Un texte captivant à l'écriture riche et fluide."
Juliette Cadays - Les univers du livre.
"Roman policier haletant, où le mystère d’un enfant de trop devient la clé d’une vérité que personne ne veut voir éclater…"
Francis Benoît Cousté
"Avec cette intrigue, Charlotte Mercy biaise pour nous présenter non pas une disparition, mais une apparition ! Un bébé de trop est retrouvé dans une crèche parisienne. Avec un joli pas de côté, l'auteure tente de se jouer des codes même si elle fait intervenir une disparition, qui chronologiquement est antérieure à son apparition. Mais elle nous offre un joli moment de lecture intelligente.
Comme le signale à juste titre Charlotte Mercy dans sa postface, le roman policier est quasiment toujours l’histoire d’un moins : il manque en effet quelqu’un (c’est le mort qui ouvre souvent l’histoire), il manque de l’argent ou des bijoux (ou des tableaux), il manque des femmes ou des filles (enlevées et emmenées par un tueur en série). Donc, afin de changer un peu les choses, elle va décider que ce coup-ci il y aura quelque chose en trop. L’histoire commence donc par une femme qui va poser son petit-fils à la crèche et découvre qu’il y a déjà un bébé dans son petit lit censé lui servir ! D’où vient ce bébé ? Et comment a-t-il pu arriver là, alors que le lieu est assez sécurisé ? Et surtout qui est ce bébé, car personne ne semble vouloir le réclamer ? Le capitaine Grandin est chargé de l’enquête, mais par quel bout la prendre ? Tout d’abord savoir comment ce bébé a pu arriver là. Et c’est là que les choses se compliquent puisque l’intrus s’est introduit dans les lieux avec justement le badge de la maman de l’autre bébé (celui que la grand-mère apportait). Mais tout ça va également permettre de dresser un portrait robot de l’homme, même si personne ne semble le connaître. Et quand on fait des recherches d’ADN, les choses deviennent encore plus étranges : le bébé aurait un lien de famille avec une jeune fille disparue depuis vingt-cinq ans et qui serait surtout apparentée à la famille de l’autre bébé. Il va falloir beaucoup d’ingéniosité pour démêler les fils de cette obscure histoire.
S’appuyant sur une histoire qui pourrait presque être gaguesque – il y a un bébé de trop ! -, le récit commence lentement, comme une histoire drôle, avant de devenir kafkaïen. Par la suite tout vire au sombre et au noir à travers l’enquête d’un policier qui cherche à comprendre de quoi il s’agit. Charlotte Mercy parvient à maintenir à la fois le suspense, l’angoisse et une certaine nonchalance drôle pour avancer ses pions et rester crédible tout du long de ce roman intelligent et réussi et qui surtout nous offre un joli pas de côté."
K-LIBRE, Toute l'actualité du polar.
LE ROMAN :
Un bébé est apparu parmi les enfants d’une crèche parisienne, mais il ne figure sur aucune liste. Qui est-il ? Qui l'a déposé là ?
Chargé de l’affaire, le capitaine Grandin se retrouve plongé dans un mystère déroutant, où chaque indice brouille un peu plus les pistes. Un roman policier haletant, où le mystère d’un enfant de trop devient la clé d’une vérité que personne ne veut voir éclater.
Charlotte Mercy :
architecte d’intérieur à Paris depuis plus de vingt-cinq ans, met entre parenthèses sa vie parisienne pour un tour du monde de six mois. Ce voyage devient l’occasion rêvée de se consacrer à l’écriture de ce roman policier.
LES PREMIERES PAGES :
PROLOGUE
Derrière les volets entrebâillés, les cigales entamaient leur concert. Chaque soir, c’étaient elles qui annonçaient l’arrivée de la fraîcheur, les dernières lueurs de la journée.
À l’intérieur de la chambre, l’air était brûlant malgré la ronde perpétuelle des pales du ventilateur suspendu au plafond. Même les murs épais de la vieille bâtisse semblaient transpirer.
L’homme se leva et avança lentement jusqu’à la fenêtre. Sous ses pas, le plancher se plaint et gémit. D’un geste calme, il ouvrit en grand les panneaux de bois, posa les coudes sur le montant et laissa sa tête basculer vers l’avant, sans résistance. Sans même s’en rendre compte, ses mains se joignirent et ses doigts s’entrecroisèrent. Il priait. Trois jours qu’il n’avait pas dormi. Trois jours qu’il la veillait assis dans ce fauteuil. Trois jours qu’il ne la quittait pas des yeux guettant le moindre mouvement. Cette après-midi encore, pour la centième fois, il lui avait raconté l’histoire de la princesse plongée dans un profond sommeil pour avoir croqué dans une pomme empoisonnée. Il avait espéré une fois de plus qu’à la fin de la comptine, elle s’éveillerait enfin. Mais il n’était pas un prince charmant et la petite fille continuait de dormir. Comme les ailes du ventilateur, une multitude de questions tournaient dans sa tête. Et si elle ne se réveillait pas ? Et si elle se réveillait ? Aurait-elle des séquelles ? Lesquelles ? Et si elle n’en avait pas ?
Alors qu’au loin une houle légère berçait les bateaux amarrés au ponton, un courant d’air caressa les draps de coton et agita les boucles brunes sur l’oreiller. L’une d’elles effleura la petite joue rebondie. L’enfant esquissa un sourire et ferma les yeux de toutes ses forces pour ne pas quitter les bras de Morphée. Le mât d’un voilier, lui, dodelinait comme un métronome nonchalant. Sa cadence lente et régulière ensorcela l’homme à la fenêtre. Dans son dos, il ne vit pas la mèche de cheveux importuner une nouvelle fois la jolie frimousse. Il ne vit pas non plus ses yeux engourdis s’entrouvrir légèrement. Ni même le visage de la petite fille reprendre vie quand son rêve s’évanouit.
CHAPITRE 1
La plupart des Parisiens subissaient le lundi comme une punition. Premier réveil forcé de la semaine, retour des embouteillages et des rames de métro bondées, reprises des incivilités et restriction des libertés individuelles, au bénéfice d’une société en recherche constante de croissance dont très peu profitaient réellement. Pourtant ce matin, en quittant son domicile, le capitaine de police Serge Grandin affichait un immense sourire. Ce week-end en amoureux avec sa femme serait sa force aujourd’hui. Comme chaque année, il avait emmené Bénédicte à Saint-Malo, à l’hôtel Vents et Marées, chambre numéro douze. Trente ans plus tôt, c’était là-bas que tout avait commencé. Il revoyait sa mine étonnée quand elle était sortie de la douche et l’avait trouvé à genoux nu comme un ver dans la salle de bains. Elle avait éclaté de rire avant de lui murmurer « Ensemble contre vents et marées » et de l’embrasser. Depuis, cette maxime était devenue leur devise.
Aujourd’hui, il devait affronter un cataclysme parisien, comme l’avait titré un quotidien étranger. Depuis plusieurs jours, les médias ne cessaient de rabâcher que ce 4 décembre serait LE lundi noir. Au menu, grève de la SNCF avec au mieux un train sur huit, grève de la RATP, des contrôleurs aériens, manifestation des étudiants, des aides-soignants, des cheminots… le tout sous une pluie battante et deux petits degrés. Quel programme !
En bas de la rue, les files de voitures à l’arrêt encombraient déjà les quais. En temps normal, le trajet ne lui prenait pas plus de quarante minutes, mais aujourd’hui, sans l’aide du GPS connecté que Béné lui avait installé sur son téléphone, c’était mission impossible. Grandin lança l’application et constata une fois de plus que sa femme était formidable. Connaissant ses grandes paluches maladroites, comme elle aimait les appeler, elle avait enregistré l’adresse de la maison, 5 rue du Bac à Suresnes, et l’adresse du commissariat, 112 avenue du Maine dans le XIVe arrondissement. Il cliqua sur sa destination et se mit en route. Il lui fallut déjà près de trois quarts d’heure pour traverser le bois de Boulogne, et en arrivant à La Muette le trafic s’intensifia encore un peu plus. Qu’à cela ne tienne ! Il se cala confortablement, inspira un bon coup pour se défaire de la morosité ambiante et l’esprit ailleurs se laissa guider comme un automate par la voix préenregistrée : « dans deux cent cinquante mètres à droite, puis dans cent mètres à gauche »… Rue Dutot, Saint-Amand, Vouillé, d’Alésia.
Dehors, le spectacle était effroyable. Sur le trottoir, des piétons malmenés par les intempéries se pressaient sans foi ni loi, leurs parapluies en guise de bouclier. Côté circulation, l’anarchie était également de mise et une fois arrivé à l’intersection des rues Raymond-Losserand et Alésia, Grandin se retrouva bloqué derrière un camion de livraison stationné au milieu de la rue, hayon arrière baissé. Avant même que le capitaine n’ait eu le temps de protester, le mec lui signifiait qu’il partait dans cinq minutes et il avait disparu en traînant derrière lui une énorme palette. Coincé pour coincé…