Blues et belles
Dans ce recueil réunissant trois novellas, Jean-Marc Savary swingue avec les mots entre femmes et univers.
Dans ce recueil réunissant trois novellas, Jean-Marc Savary swingue avec les mots entre femmes et univers.

Carca'song
"Jean-Marc Savary évoque Carcassonne qui est pour lui un blues citadin, une chanson permanente, une poésie à ciel ouvert. Le style est décomplexé, loin de toute écriture académique, un objet écrit non identifié qui invite à vivre dans l'instant en laissant le cœur parler, les mots et les rêves se faire dans une musique de l'écriture toujours présente."
Sophie SENDRA
cbs news
"Jubilatoire ! Style, phrasé, vocabulaire, tout enchante, du côté sombre de la solitude errante à la clarté ou à la sonorité de la vieille et vivante cité."
Myriam PHILIBERT
"Belle plume qui nous transporte au cœur de Carcassonne, nous sussurant une douce mélodie pimentée de folie. Tourbillon d’émotions qui s’entrechoquent et s’enlacent pour laisser place à l’espérance viscérale d’une vie enivrante, emplie d’amour et de fraternité."
Liza MONTES
LES PREMIERES PAGES :
Elle froufroute son jupon de pierres, la vieille cité…
Depuis des lustres fredonne Carcassonne, en écho des hommes. Le regard, seul, donne la dimension des choses. L’œil du vivant. Alors, tu l’observes, ta ville dont l’âge moyen reste le moyen-âge. Alors, tu l’écoutes roucouler ses airs en roulant des « r ». Tu l’écoutes…
Chaque jour, tu vieillis, comme elle, mais toi tu en perds un peu de vue, un peu de vie. Goutte à goutte. C’est ainsi.
Depuis ce jour où la vie t’a lancé dans l’arène à affronter la douleur, sans panache ni spectateur, t’en perds la mâchoire et des dents. L’habit de lumière se résumant en un tablier bleu très pâle, trop court, et qui se froisse dans des lits d’hôpitaux, petits et étroits, à l’ombre des infirmières. Quand le mal te foudroie, le mirage féminin à tes côtés se tire aussitôt ! Parfum de lâcheté. Tant pis pour le mec qui se débat dans la solitude et la souffrance...
So long, man ! That’s life…
Alors restent les ruelles et rues à arpenter, humer, aimer comme une femme à découvrir avec tact et humilité. Te frotter au bitume et façades, t’étourdir de la douceur des places, jouir des lieux intimes fourmillant de rencontres, d’humanité, de fêtes ou de tristesse d’un soir…
Une ville qui te soigne l’âme et te remet en selle pour galoper dans le quotidien.
Carca’song swingue cool.
Le vagabond impudique
conte l'histoire d'une vie, de la naissance à la mort, parsemée de rencontres, d'amours, d'expériences... Cantique des sens, quête d'existence et de philosophie.
LES PREMIERES PAGES :
« Un soleil rouillé
Sur ta peau métisse
S’endort. »
Bernard LAVILLIERS
Plage de méditerranée embrasée de soleil.
Entre silice et palmiers, Myrna engendre un fils.
Autour, le monde s’épuise entre conflits et conquêtes au rythme des puissantes cités. Autour, cela grouille et se densifie. Des routes multipliées à l’infini flagellent des paysages qui saignent une populace pressée. Elles inoculent la civilisation au plus profond des contrées.
Ici, Myrna dévisage cet enfant. Le sien. Elle le couve, l’aime, le découvre. L’Histoire et les autres lui semblent dérisoires ou, pour le moins, lointains…
Ici, le sable brûle de grain en grain et la brise saline s’émiette dans une mer d’été. De vagues mouettes flottent dans le ciel.
—Flux et reflux de cris lancinants—
Nulle présence étrangère à ces deux êtres réfugiés dans la fraîcheur d’une ombre.
Ici se célèbre la vie.

Joyeuses Garces !
Loin d’être misogyne – comme son titre pourrait le suggérer – est une ode à toutes les femmes et surtout à celles qui ont souffert et qui restent cependant, toujours «joyeuses». Jean-Marc Savary aime ces parfums qui donnent de l’âme aux choses– comme il le décrivait dans « Le gigot à la ficelle »,ouvrage magnifique sur le goût et la succulence –. Ici, c’est à la femme qu’il rend hommage, comme il aime le faire avec saveur, tact et humour. Un régal.
Sophie SENDRA
cbs news
LES PREMIERES PAGES :
Bb adoré,
Je sais, on n’adore que Dieu mais toi tu es une exception !
Ce soir quand tu liras cette lettre, je serai en pensées tout contre toi, dans tes bras en train de te faire plein de câlins et de bisous.
Sache que tu comptes énormément dans ma vie, tu es quelqu’un d’exceptionnel et je suis heureuse de t’avoir rencontré.
Je te chérirai et je continuerai à t’aimer tant que tu voudras de moi.
Merci d’exister, je t’aime.
Elle lui a écrit ce mot, laissé sur son parebrise, un soir de décembre. « Tu ouvriras cette lettre ce soir, quand les étoiles brilleront dans le ciel ! » Et il est seul, ce soir de réveillon terne mais pas triste. Un moment de transition entre un passé qui expire et un demain qui peine à s’affirmer. Les dates sont parfois taquines ! Fin d’année qui se veut joyeuse alors que lui boit les ultimes gorgées d’un mariage qui s’évanouit… Il est là, dans la pénombre, le verre à la main, l’enveloppe devant lui tandis que dehors s’exprime un feu d’artifice sous les rires d’une foule joyeuse et glacée par des vents hivernaux. Contrastes partout, pour tous !
Elle est jolie cette lettre. Légèrement froissée, hâtivement coincée sous un essuie-glace, comme porteuse d’espoir, de bonheur, de promesses. Puis, il y a l’écriture. Hiéroglyphes profanes, compressés en lignes sages, pour accompagner la musique des mots. Ecriture qui lui ressemble. Fine et torturée, rapide mais volontaire, s’étalant de tout son talent sur la largeur de la page blanche. Elle s’impose mine de rien. « C’est la fin d’une histoire, Bb… Mais je suis là… Coucou, me voilà ! »