jean-marc savary éditeur

LM079 : RUNES ET ARTS SACRES

20,00 EUR
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LM079 : RUNES ET ARTS SACRESEn préambule de cette Rentrée, un fort sujet de satisfaction. Le taux de réabonnement à votre bimestriel dans l'année dépasse les 95% ! Dans ces temps de crise, et même en périodes normales, ce chiffre est vraiment exceptionnel et atteste d'un lien entre les rédacteurs et les lecteurs. Probablement une sorte «d'amour» et je remercie chacun de faire vivre ainsi cet espace de philosophie.

L'hommage rendu à Jacques d'Arès a suscité une avalanche de mots et remerciements. Célébrer un tel monument du temps de son existence nous paraissait le moindre des devoirs mais je n'imaginais pas l'engouement populaire qui en découlerait.    Ce numéro livre nouveautés et réflexions sur des sujets sensibles.

Myriam Philibert nous initie au site de Göbekli Tépé (la Colline au Nombril) et ses mille mystères qui interrogent le monde scientifique tandis que Guy Tarade évoque les symboles de Saint Gilles du Gard.

Les Runes bénéficient d'une étude très riche due à Julie et Gérard Conton dont le livre m'a littéralement passionné. Ils signent ici un article qui résume l'affaire tout comme André Salaün qui, lui, synthétise ses découvertes originales concernant l'affaire de Rennes-le-Château.

Paul Mirabile clôture ce festival de recherches en nous engageant dans la voie initiatique par excellence, la plus belle, la plus ardue : celle de l'anéantissement.


EXTRAIT DE PREMIER ART MONUMENTAL SACRÉ : GÖBEKLI TÉPÉ

 

Aux alentours de 8700 avant notre ère...   


C'est le début du réchauffement postglaciaire. L'Europe connaît une période froide et humide, et l'homme vit toujours comme au bon vieux temps (des cavernes !). Au pied des monts Taurus, dans le bassin supérieur de l'Euphrate,  une civilisation florissante voit le jour, dans des conditions climatiques optimales. Contre toute attente ! L'économie, plus que primitive, ne connaît que la chasse et la cueillette. Pourtant, un élan collectif et le regroupement des individus génèrent la plus extraordinaire des fougues sacrées : le premier espace mégalithique.

Des pierres sont droites, avant que la totale sédentarisation et l'agriculture n'aient fait leur apparition. Elles parlent de religion, de rites sacrés. Certains blocs pèsent plus de 10 tonnes, tous ont nécessité l'organisation d'un transport, un équarrissage et portent des sculptures et des signes symboliques. Jadis, l'art pariétal s'affichait sur des parois rocheuses. Ici, l'on a utilisé la roche comme une carrière, détaché des fragments pour leur donner vie. Certains ont été abandonnés, inachevés. L'un des commentateurs emploie le terme de «planche à dessin». Y a-t-il eu une sculpture monumentale sur bois avant celle sur pierre ? Nous ne le saurons probablement jamais. Les thèmes sont avant tout animaliers et un bestiaire (de chasse et/ou d'animaux totémiques) s'extirpe de la pierre pour défier le temps et interpeller le curieux. Offre-t-il une approche différente de celle des siècles antérieurs ?

Nombre d'archéologues s'interrogent. Leur approche, fonctionnelle, ne leur donne pas accès à cette dimension qui, pourtant, existe depuis que l'homo sapiens a progressivement colonisé la terre. Certes, ils s'ébahissent, à juste titre, devant la prouesse technologique que représente les réalisations de Göbekli Tépé. Mais leur réflexion s'arrête là. Ils cherchent avec acrimonie des traces d'habitation dans un lieu voué à d'autres activités. Ils s'extasient sur des couteaux d'obsidienne dont ils s'évertuent à trouver la provenance, pour chercher des routes commerciales et des points d'échange. La société de profit n'existait pas alors. Imaginer que l'on puisse avoir d'autres préoccupations que la survie quotidienne ne leur traverse pas l'esprit. Nos schémas de pensée actuels n'ont rien de commun avec ceux de ces temps reculés.

Quelques uns, pourtant, dont le directeur des fouilles Klaus Schmidt, osent annoncer au monde avide de sensationnel, l'un des plus anciens temples bâtis connus. Il devance de plusieurs millénaires les fières pyramides égyptiennes, les énigmatiques ziggurats mésopotamiennes, ou le sulfureux Stonehenge. Le nom actuel de Göbekli Tépé se traduit par «la Colline au Nombril». L'image de centre du monde ou de point d'origine de la civilisation postglaciaire au Proche Orient et dans le monde revient en force pour désigner ce tertre artificiel (tepe) où l'homme a laissé l'un des plus anciens vestiges, construit en témoignage de croyances désormais tombées dans l'oubli.