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jean-marc savary éditeur

5-SOMETHING - Mans de BREISH

12,00 EUR
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5-SOMETHING - Mans de BREISH

Une chanson, pasplus. Qui n’a jamais associé un souvenir à une quelconque chanson ? Ils’allume soudain comme une vieille chandelle, tout doucement puis éclaire toutl’espace de la pensée. Une danse sur cet air, dans une chambre d’adolescent, auson d’un vieil électrophone. On la serre de près, du plus près que la décence nele permet, et on sent, pour la première fois, le parfum troublant de la femmeen devenir et de l’amour y afférant.


Extrait :


C’est par leplus grand des hasards que je suis descendu vers Albert dock. Pour revoir laMersey charriant mollement ses bateaux industrieux dans un clapotismalsain.  Les docks de la rive droite ontété transformés en lieux culturels malgré quelques bassins qui réceptionnentquelques navires de faible tonnage mais en face, rive gauche, subsistent leshideuses constructions industrielles qui servent encore à réceptionner lesproduits venus du monde entier. Le fleuve s’ouvre comme un entonnoir sur lemonde, sur l’Amérique. Les marins de retour du Nouveau Monde rapportèrent jadisune drôle de musique : le rock.   LaMersey a fait rêver toute une génération de musiciens. On y a vu le berceaud’une nouvelle musique, d’un nouveau mode de vie, d’une révolte contre l’ordreétabli, puis le temps, le terrible temps a tout remis à plat. Comme si un lieupouvait engendrer à profusion des artistes et des philosophies nouvelles sousprétexte que certains venaient de là. Les lieux ne peuvent rien ce sont leurshabitants qui font les lieux mythiques.

 Je continue donc ma promenade sur Albert dockà l’abri de la bruine sous une galerie aux piliers du plus joli orangebritannique.  C’est là qu’un panneauindique la « Tate » ;un musée d’art contemporain je crois. Je n’ai jamais prisé les musées. Ilssentent la poussière, le renfermé et le passé. Dans les musées on trouve desstatues mutilées, des vénus adipeuses et des peintures représentant des scènesd’un autre temps. Quant aux musées d’art contemporain, je crois qu’ilscollectionnent tout ce que l’on peut trouver en matière d’esbroufe et de piègeà bourgeois. Béotien de l’art, je dépasse donc le musée sans un regard.