jean-marc savary éditeur

8- LE GRIMOIRE DE SATURNE - Jean-François BLONDEL

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8- LE GRIMOIRE DE SATURNE - Jean-François BLONDELSelon la Tradition, les étapes du Grand OEuvre d'alchimie se trouveraient gravées sur les murs de certaines cathédrales, en des fresques discrètes accessibles à tous, mais ayant un sens caché, compréhensible aux seuls initiés, et aux "quêteurs d'absolu".

Ce qui avait fait dire à Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris :
"Comme la Vierge Marie miséricordieuse étend son bleu manteau pour accueillir ses enfants, la cathédrale s'ouvre à tous pour offrir généreusement l'abrégé le plus satisfaisant de la Science Hermétique."

Les alchimistes au Moyen Âge se rencontraient sur le parvis de Notre-Dame le jour de saturne (samedi), soit au grand porche, soit au portail Sainte-Anne devant la statue de Saint-Marcel, soit à la grande porte rouge de la rue du cloître Notre-Dame, décorée d'étranges salamandres...

Dans ce roman, l'auteur nous emmène à la rencontre d'un maître d'oeuvre qui fut, dit-on, l'architecte de la Tour Saint-Jacques à Paris, et qui fut initié à l'Art Royal par un bien curieux vieillard qui lui donna un grimoire au coeur d'un secret détenu par les membres d'une mystérieuses confrérie : Les Frères de la Rose.


Spécialiste du compagnonnage et des Traditions hermétiques occidentales, auteur de très nombreux livres et articles, Jean-François Blondel signe là son premier roman étayé sur de nombreux documents historiques.

Extrait :

"L’on s’approchait de la Saint-Martin. Celle-ci était l’occasion pour les maçons normands de perpétrer une tradition fort ancienne, celle du vin muché, c’est-à-dire « caché ». A cette occasion, Maître Guillaume fit venir Jehan dans la loge et, le fixant du regard, lui dit d’un ton solennel :
- Tous les maçons, tailleurs de pierre, imagiers, charpentiers, couvreurs, et tous les autres ouvriers du chantier doivent venir demain au coucher du soleil, afin de participer à la cérémonie rituelle du vin de la Saint Martin, celle-ci consiste à enfouir en terre un verre de vin nouveau qu’il faudra défouir, (c’est-à-dire retirer de terre) après Pâques. Cette cérémonie très ancienne est associée à la Passion de notre Seigneur Jésus Christ. Jehan de Limoges, tous les maçons devront boire le vin de la coupe et toi qui es le plus jeune ouvrier du chantier, il t’incombera l’honneur de le boire en dernier, tu me donneras la coupe, et, ensuite, je l’enfouirai en terre pour clore cette cérémonie solennelle.
Jehan lui répondit :
- Maître, je suis fier d’être des vôtres et je mesure toute l’importance de cette cérémonie, j’essayerai d’être à la hauteur de vos espérances.
C’est ainsi que le lendemain à l’heure prévue, les maçons, les tailleurs de pierre, les imagiers, bref, tous les ouvriers de la pierre se trouvèrent réunis dans la loge de chantier, comme l’ordonnait maître Jacques. Celle-ci s’élevait dans la cour d’Albane et se composait de plusieurs bâtiments : la loge proprement dite, où les tailleurs de pierre peuvent travailler à l’abri des intempéries, et la chambre du Trait, dont le sol recouvert d’un lit de plâtre, est réservée plus particulièrement à maître Guillaume Pontif, cette pièce lui permettait de tracer ses « traits », c’est-à-dire ses épures, grandeur nature, qui permettaient de réaliser les môles ou gabarits nécessaires aux ouvriers pour tailler leurs pierres. La loge datait du début du chantier de la cathédrale Notre-Dame.
Assez vaste pour pouvoir accueillir une trentaine de tailleurs de pierre, elle était éclairée par trois fenêtres et remplie de bancs sur lesquels les maçons pouvaient s’asseoir pour se reposer. Le banc le plus à l’Est était réservé au maître et lui seul avait le droit de s’y asseoir. Des compas, des règles et divers outils d’architecture se trouvaient pêle-mêle sur des tables à tracer ou, parfois même, jonchaient le sol. Le mobilier était des plus sommaires : des armoires pour ranger les parchemins, des tables de différentes grandeur, des bancs, une horloge …
Maître Guillaume fit rassembler ses ouvriers en cercle, chacun se tenant par les deux mains. Les clercs du chapitre assistaient à cette cérémonie, l’un d’entre eux s’approcha, tendit un calice, une sorte de ciboire d’une extraordinaire beauté. Il le remplit de vin et le tendit au maître. A la lueur du soleil couchant, un rayon de soleil traversait la fenêtre et donnait au liquide mystique la couleur du rubis. Le prenant par les deux mains, et le tenant devant lui, Guillaume Pontif fit alors cette prière :

- Seigneur, dont la puissance est infinie, la gloire incompréhensible et la miséricorde immense, jette un regard sur cette loge et sur les frères qui y sont réunis. Exerce envers nous et envers tous les maçons et tailleurs de pierre ta grande miséricorde et fais-nous accéder par l’intelligence de tes œuvres et le bon emploi de tes outils à la Connaissance afin de reconstruire ton Saint Temple, parce qu’à toi appartiennent la gloire, la principauté et l’honneur, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen."